Imaginez un chemin de pierre qui descend en pente douce entre deux murets, l'ombre d'un platane au bord d'un ruisseau, et plus bas la mer qui scintille. Andros, c'est cette Grèce que l'on n'attend pas : verte, fraîche, traversée de sources et sillonnée de vieux chemins muletiers où l'on marche seul ou presque. La plus septentrionale des grandes Cyclades garde ses vallées boisées et ses villages de pierre loin de l'agitation des îles voisines. Ici, la randonnée à Andros se savoure au pas, le nez au vent, avec une taverne au bout du sentier.
| En bref | La plus verte des Cyclades du nord, sillonnée d'un réseau de sentiers de pierre primé et encore préservée de la foule. |
|---|---|
| Idéal pour | Marcheurs curieux qui aiment alterner vallées ombragées, villages de pierre et baignades tranquilles. |
| Meilleure saison | Printemps (avril à juin) et début d'automne (septembre à octobre). |
| Rythme | Doux, à la carte : des balades de 2 à 4 h, jamais sportives. |
| Notre séjour | Grand tour des Cyclades à pied, Andros incluse, 14 jours |
Andros, la verte surprise des Cyclades
Quand on pense aux Cyclades, on imagine des maisons blanches sur la roche nue et le bleu profond de l'Égée. Andros raconte une autre histoire. Ses montagnes s'élèvent jusqu'à près de 1 000 mètres, retiennent les nuages et nourrissent des rivières qui coulent toute l'année. Le résultat tient du petit miracle : des vallées tapissées d'oliviers, de figuiers et de lauriers-roses, des terrasses cultivées, des moulins à eau au bord des torrents. C'est la plus verte des Cyclades du nord, et l'une des moins fréquentées. Vous y croiserez plus de chèvres et de chapelles que de groupes de voyageurs.
L'île doit beaucoup à son passé maritime. Ses grandes familles d'armateurs ont longtemps compté parmi les plus puissantes de Grèce, et leur fortune se lit encore dans les belles demeures de Chora. Cette double identité, terrienne et marine, donne à Andros un caractère à part : on y respire à la fois le parfum des collines couvertes de chênes verts et l'air iodé des criques. Parmi toutes les îles des Cyclades, c'est sans doute la plus dépaysante pour qui aime poser un pied devant l'autre sans se presser, et l'une des rares où la marche reste possible d'une saison à l'autre.
Les Andros Routes, un réseau de sentiers primé
Le grand atout d'Andros tient en deux mots : Andros Routes. Une association locale a restauré, balisé et entretient aujourd'hui plus de 180 km d'anciens chemins, ces fameux kalderimia pavés que les muletiers empruntaient autrefois de village en village. Colonne vertébrale du réseau, la Route d'Andros relie le nord au sud de l'île sur une centaine de kilomètres. C'est le premier sentier insulaire d'Europe à recevoir le label Leading Quality Trails - Best of Europe, décerné par la Fédération européenne de randonnée pédestre. Une reconnaissance rare, qui dit bien le soin apporté à ces chemins.
Concrètement, cela change tout pour le marcheur. Les sentiers sont fléchés, les cartes sont fiables (le site androsroutes.gr propose tracés et descriptions à télécharger), et l'on choisit des boucles de 2 à 4 h selon l'envie du jour. Inutile d'être grand sportif : la plupart des itinéraires se parcourent tranquillement, avec de l'eau et un casse-croûte dans le sac. Un détail qui compte, l'ombre est fréquente, ce qui rend la marche agréable même quand le soleil grec se fait généreux. On part le matin à la fraîche, on déjeune dans un village, et l'on garde l'après-midi pour une crique ou une terrasse.
Chora, l'élégance néoclassique face à la mer
La capitale, Chora, s'étire sur une langue de terre qui s'avance dans la mer. C'est l'une des plus belles villes des Cyclades, et elle ne ressemble à aucune autre. Ici, pas de cubes blancs mais de hautes demeures néoclassiques aux balcons de fer forgé, héritées des grandes familles d'armateurs. Une longue rue dallée de marbre, bordée de passages voûtés, conduit jusqu'à la place du Marin inconnu, où une statue de bronze tournée vers le large rend hommage aux marins partis et jamais revenus.
Chora cultive aussi les arts, ce qui en fait une halte idéale les jours sans marche. Le musée d'art moderne, créé grâce à la fondation Goulandris, présente sculptures et peintures d'artistes grecs et internationaux dans un cadre lumineux, tandis que le musée archéologique abrite le célèbre Hermès d'Andros, élégante statue de marbre. De quoi alterner la balade du matin et la flânerie culturelle de l'après-midi, avant un café en terrasse face au port.
Apikia, ses sources et les cascades de Pythara
À quelques kilomètres au-dessus de Chora, le village d'Apikia (que l'on écrit aussi Apoikia) est connu dans toute la Grèce pour sa source Sariza, dont l'eau minérale coule d'une fontaine de pierre et s'embouteille sur place. On vient y remplir sa gourde avant de poursuivre vers les cascades de Pythara, un coin ombragé où l'eau dégringole entre les platanes et les rochers couverts de mousse. Au printemps, le murmure de l'eau et le chant des grenouilles composent une parenthèse de fraîcheur que l'on ne soupçonne guère dans les Cyclades.
Un peu plus bas, le hameau de Ménités aligne ses fontaines à têtes de lion sous une voûte de platanes, autre halte rafraîchissante sur les chemins du centre de l'île. Ces villages d'eau, reliés par de courts sentiers, donnent envie de flâner d'une fontaine à l'autre, à votre rythme.
Vallées sauvages et villages de pierre
Andros récompense ceux qui prennent le temps de s'écarter de la côte. La gorge de Dipotamata, au sud de Chora, déroule un chemin ancien jalonné de vieux moulins à eau, près d'une quarantaine, jusqu'à la baie de Syneti. Plus au sud encore, la région de Korthi et la baie d'Ormos Korthiou offrent des marches paisibles entre champs en terrasses et criques tranquilles. Au nord, le village de pierre de Stenies, accroché au vert des collines, mérite une halte pour ses ruelles fraîches et ses maisons de capitaines.
Sur la côte ouest, Batsi déroule sa baie et ses tavernes de bord de mer : c'est une base agréable pour rayonner, à deux pas du port de Gavrio où accostent les ferries venus de Rafina. D'un bout à l'autre, ces chemins relient monastères, comme celui de Panachrantou accroché à la montagne, chapelles isolées et belvédères où l'Égée se déploie à perte de vue. C'est cette rencontre de la montagne et de la mer, avec la culture au bout du chemin, qui fait le charme d'Andros.
Et puis il y a les rencontres. Un berger qui vous salue d'un geste, une vieille dame qui propose un loukoum sur le pas de sa porte, un pêcheur qui rentre au port de Korthi à la nuit tombée. Andros se prête à ces moments simples, parce qu'on y prend le temps. Les villages ne jouent pas un décor pour visiteurs : ils vivent au ralenti, et c'est précisément ce qui touche.
Quand venir, et à quel rythme
Andros se savoure au printemps (avril à juin), quand les vallées sont vertes et fleuries, et au début de l'automne (septembre à octobre), quand la mer reste tiède et la lumière se fait dorée. L'été convient aussi, à condition de marcher tôt et de garder l'après-midi pour la plage. L'île est facile d'accès : 1 à 2 h de ferry depuis Rafina, tout près d'Athènes, vous déposent à Gavrio.
Côté pratique, rien de compliqué. De bonnes chaussures souples, un chapeau, de l'eau, et l'on tient la plupart des chemins sans difficulté. Les distances se choisissent à la carte, et l'on peut toujours raccourcir une boucle ou s'attarder à une fontaine sans culpabiliser. C'est tout l'esprit d'Andros : la marche y est un plaisir, jamais une épreuve, et le sentier mène presque toujours à une vue, à un village ou à une table où l'on a envie de s'asseoir.
Pour marcher l'esprit léger, laissez-vous porter : Andros figure au programme de notre grand tour des Cyclades à pied, qui relie Andros, Tinos, Mykonos, Délos et Amorgos en compagnie d'un accompagnateur francophone, avec des hôtels de charme et vos bagages transférés d'île en île. Vous y passez plusieurs nuits à Chora, le temps d'apprivoiser ses vallées et ses sentiers. Et si vous hésitez encore sur votre destination, notre guide pour choisir votre Cyclade et notre sélection des plus belles îles grecques vous aideront à composer le voyage qui vous ressemble.
Questions fréquentes sur la randonnée à Andros
Comment se rendre à Andros ?
Andros se rejoint en ferry depuis le port de Rafina, proche d'Athènes et de son aéroport. La traversée dure de 1 à 2 h selon le bateau et vous dépose à Gavrio, sur la côte ouest de l'île. Les liaisons sont quotidiennes toute l'année, plus fréquentes de juin à septembre. Une fois sur place, on peut très bien visiter Andros sans voiture : les bus relient les principaux villages, et sur nos séjours accompagnés vos bagages voyagent pour vous.
Peut-on vraiment randonner à Andros ?
Oui, et c'est même l'une des plus belles îles grecques pour la marche. L'association Andros Routes entretient et balise un vaste réseau de vieux chemins de pierre, dont la Route d'Andros, un itinéraire continu de 100 km reliant le nord au sud. C'est le premier sentier insulaire d'Europe à recevoir le label Leading Quality Trails - Best of Europe de la Fédération européenne de randonnée pédestre. Les marches se choisissent à la carte, en boucles de 2 à 4 h accessibles à tout marcheur régulier.
Où trouver une carte ou un itinéraire de randonnée à Andros ?
Le site androsroutes.gr met gratuitement à disposition les tracés et les descriptions des sentiers balisés. Pour une carte papier, la carte de randonnée Anavasi d'Andros (1/27 000), conçue avec l'association locale, reste la référence. Et si vous préférez marcher l'esprit libre, notre grand tour des Cyclades à pied vous évite toute préparation : un accompagnateur francophone connaît les chemins, et vous n'avez qu'à savourer le paysage.
Que faire à Andros en dehors des sentiers ?
Chora, la capitale néoclassique, mérite une flânerie pour ses demeures d'armateurs, son musée d'art moderne Goulandris et son musée archéologique qui abrite l'Hermès d'Andros. Les amateurs d'eau vive apprécieront la source Sariza d'Apikia et les fontaines à têtes de lion de Ménités. Entre deux balades, les criques de la côte ouest et les tavernes de Batsi invitent à la baignade et à une table face à la mer.
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Article écrit par
Maria Papadopoulou (Μαρία Παπαδοπούλου)
Responsable éditoriale
Passionnée de randonnée et fascinée par la Grèce, j’ai la chance de lier ma passion à mon métier. Mes études initiales (Master en Marketing et licence en LEA) m’ont appris à construire un projet éditorial, le reste… Lire la suite


























