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Que faire à Naxos ? La plus douce et la plus gourmande des Cyclades

Par Maria Papadopoulou (Μαρία Παπαδοπούλου)

Publié le 19 août 2026 12 min de lecture

Que faire à Naxos : villages, plages et bonne table

Imaginez un coucher de soleil dont la lumière passe à travers la Portara, l'immense porte de marbre dressée seule sur son îlot face à Chóra. C'est l'image que tout le monde rapporte de Naxos, et c'est mérité. Mais l'île, la plus grande des Cyclades, garde sa vraie richesse à l'intérieur des terres : des villages de marbre accrochés à la montagne, une vallée semée d'églises byzantines, un fromage qui se déguste à l'ombre d'un platane et des plages de sable doux où l'on entre dans l'eau sans le moindre galet sous les pieds. Voici ce que nous aimons faire à Naxos quand on a le temps de bien faire les choses, et ce qu'on aurait aimé savoir avant de partir.

En brefLa plus grande des Cyclades, verte et gourmande : villages de marbre, églises byzantines, plages de sable et bonne table
Idéal pourVoyageurs curieux qui aiment mêler culture, marche douce, baignade et gastronomie
Meilleure saisonDe mai à juin et de septembre à début octobre : douceur, lumière, et l'île pour soi
RythmeÀ votre rythme, une découverte par demi-journée, le reste pour la terrasse
Notre séjourNaxos et Amorgos en liberté, 10 jours

La Portara et la Chóra, l'arrivée la plus belle des Cyclades

On commence là où le bateau vous dépose. La Portara est cette porte de marbre haute de plusieurs mètres, vestige d'un temple d'Apollon resté inachevé il y a 2 500 ans, posée au bout d'une digue à 2 pas du port. On y va à pied avant le dîner, quand la pierre rosit et que la foule des excursions a regagné les ferries. Derrière, la vieille ville monte en ruelles blanches vers le Kastro, la citadelle bâtie au XIIIe siècle par les ducs vénitiens, encore ceinte d'une partie de ses murs et de ses tours. On s'y perd avec plaisir : voûtes fraîches, blasons sculptés au-dessus des portes, ateliers d'artisans, petites tavernes où l'on s'assoit dès que les jambes le demandent. Le matin, le marché du port déborde de fromages, d'olives et de fruits de l'île, de quoi composer un beau pique-nique. Rien à cocher ici, juste à flâner et à se laisser porter.

Apeíranthos, le village de marbre

À une heure de route de Chóra, perché à flanc de montagne, Apeíranthos est sans doute le plus beau village de l'île. Ses ruelles, ses escaliers et même certaines façades sont en marbre local, lisse et patiné par les pas. On y respire l'air vénitien des tours seigneuriales et l'on y prend le café sur une placette ombragée, face aux sommets. Le village abrite plusieurs petits musées, dont un musée archéologique qui mérite la halte pour ses figurines cycladiques. Prenez votre temps : ici, le marbre garde la fraîcheur même en plein été, et c'est tout l'intérêt de monter.

La vallée de Tragéa et ses églises byzantines

Sous les villages s'étend la vallée de Tragéa, une mer d'oliviers centenaires d'où émergent des dizaines de chapelles. C'est le cœur vert de Naxos, et la plus douce promenade qui soit : des chemins de terre presque plats relient les hameaux à l'ombre des arbres. Beaucoup de ces églises byzantines comptent parmi les plus anciennes de Grèce, certaines remontent au VIe siècle et conservent des fresques d'origine. Tout près, à Filóti, le plus grand village de la vallée accroché aux pentes du mont Zas, la basilique Panagía Filotítissa domine la place ombragée. Et non loin de là, à Moni, la chapelle Panagía Drosianí conserve des fresques du VIe siècle parmi les plus rares des Balkans. On marche une heure ou deux, on s'arrête à une fontaine, on repart. C'est la Naxos que les ferries ne voient jamais.

Halki et le kítron, la pause gourmande

Ancienne capitale de l'île, Halki est un village tranquille de demeures néoclassiques aux teintes ocre et d'échoppes d'artisans. On y vient pour une raison précise : le kítron, une liqueur parfumée tirée des feuilles et du fruit du cédratier, spécialité de Naxos depuis le XIXe siècle. La distillerie Vallíndras, en activité depuis 1896 et tenue par la même famille, se visite et propose une dégustation des trois couleurs de kítron, du plus doux au plus corsé. À deux pas, une boutique de produits du terroir et une bonne table font de Halki une halte de mi-journée idéale, à l'ombre, sans hâte.

Le mont Zas, le toit des Cyclades à votre portée

Le mont Zas culmine à 1004 mètres : c'est le point le plus haut de toutes les Cyclades. Que cela ne vous inquiète pas. Le chemin balisé part de la chapelle d'Agía Marína, au-dessus de Filóti, et monte tranquillement à travers les terrasses de pierre. En route, on passe par la grotte de Zeus, où la légende veut que le dieu ait grandi : une vaste cavité fraîche où l'on s'arrête volontiers. Inutile d'aller jusqu'au sommet pour être récompensé. À mi-pente déjà, la vue embrasse la vallée, la mer et les îles voisines. C'est une marche que l'on fait à son allure, le matin tôt ou en fin d'après-midi, avec de l'eau et un chapeau.

Le kouros d'Apóllonas, le géant couché

Tout au nord de l'île, près du petit port d'Apóllonas, un colosse de marbre repose depuis l'Antiquité dans une ancienne carrière. Ce kouros inachevé mesure plus de dix mètres et n'a jamais quitté la pierre dont il est né : trop lourd, sans doute fissuré, il fut abandonné sur place. On l'atteint par quelques marches faciles, et le contraste entre cette silhouette endormie et la mer en contrebas a quelque chose de saisissant. Deux autres kouros, plus modestes, sommeillent dans la verdure de Mélanes, au centre de l'île, au bout d'une promenade ombragée parfaite pour une fin de matinée.

Le temple de Déméter, au milieu des champs

Au sud de l'île, dans la campagne tranquille de Sangrí, le temple de Déméter se dresse seul au creux d'une plaine cultivée. Édifié vers le VIe siècle avant notre ère en marbre blanc de Naxos, il fut l'un des premiers temples grecs entièrement de marbre, et l'on en a relevé une partie des colonnes. Le lieu est paisible, presque secret, et le petit musée attenant raconte joliment sa restauration. On s'y arrête une demi-heure, au retour des plages ou en chemin vers les villages, pour le plaisir d'un site antique que l'on a souvent pour soi seul.

Les plages de Plaka et Agios Prokopios

Naxos possède quelques-unes des plus belles plages de la mer Égée, toutes sur la côte ouest, à portée de Chóra. Agios Prokopios déroule un sable fin et une eau peu profonde, bordée de quelques tavernes les pieds dans le sable. Juste après, Plaka étire ses kilomètres de sable blanc adossé aux dunes, plus calme, idéale pour une longue baignade et une sieste à l'ombre d'un tamaris. L'eau y reste claire et tiède bien au-delà de l'été. On y vient en fin de journée, après les villages, pour le plaisir simple d'un bain et d'un verre face au soleil qui décline.

La cuisine naxiote, une île qui se suffit à elle-même

Naxos a la chance d'être fertile, et cela se sent dans l'assiette. La graviéra de Naxos, un fromage à pâte dure au lait de vache, parfois additionné de brebis, bénéficie d'une appellation protégée : on la déguste en tranches, frite en saganáki, ou simplement avec un trait de miel local. Les pommes de terre de Naxos, réputées dans toute la Grèce, accompagnent les viandes mijotées des tavernes de montagne. Ajoutez-y l'huile d'olive de la vallée, les agrumes, le miel de thym et un verre de kítron en digestif, et vous comprenez pourquoi l'on s'attarde ici. Le mieux est de manger là où mangent les villageois, à Halki, à Filóti ou à Apeíranthos, loin des terrasses du port.

Combien de jours, et quand venir

Pour goûter à tout cela sans courir, comptez au moins quatre à cinq jours : une journée pour Chóra et ses plages, une pour la vallée de Tragéa et ses villages, une pour le nord et le kouros d'Apóllonas, le reste pour flâner et nager. La meilleure saison va de mai à juin, quand l'île est verte et fleurie, et de septembre à début octobre, quand la mer reste chaude et les villages retrouvent leur calme. En juillet et août, privilégiez les montagnes le matin et les plages en fin de journée. Une voiture de location reste le moyen le plus simple de relier les villages de l'intérieur.

Naxos se prête merveilleusement à un voyage en liberté, où l'on marche un peu chaque jour à son rythme, on dort dans de bonnes adresses et on laisse ses bagages voyager pour soi. C'est exactement l'esprit de notre séjour Naxos et Amorgos en liberté sur 10 jours, qui prolonge la découverte vers l'île voisine d'Amorgos. Pour préparer votre voyage, notre guide des Cyclades rassemble nos itinéraires et nos conseils île par île.

Questions fréquentes sur Naxos

Que faire à Naxos en deux ou trois jours ?

Si votre escale est courte, gardez l'essentiel. Une première demi-journée pour la Portara et les ruelles du Kastro à Chóra, suivie d'un après-midi sur le sable d'Agios Prokopios. Le lendemain, montez vers l'intérieur pour la vallée de Tragéa, le village de marbre d'Apeíranthos et une pause kítron à Halki. S'il vous reste une troisième journée, ajoutez la marche douce vers la grotte du mont Zas et un dernier bain à Plaka. Vous aurez goûté aux deux visages de l'île, la mer et la montagne, sans courir.

Peut-on découvrir Naxos à pied ?

C'est même la plus belle façon de connaître son intérieur. La vallée de Tragéa se parcourt par des chemins presque plats entre oliviers et chapelles byzantines, les villages de marbre se relient par d'anciens sentiers muletiers, et le mont Zas se gravit tranquillement par un chemin balisé depuis Filóti. Sans voiture, le bus KTEL dessert Chóra et plusieurs villages, mais c'est en marchant d'un hameau à l'autre que l'île se livre vraiment. C'est tout l'esprit d'un voyage en liberté, où l'on avance chaque jour à son rythme pendant que les bagages voyagent pour soi.

Où trouver une carte ou un itinéraire de randonnée à Naxos ?

Deux éditeurs grecs couvrent bien l'île au 1:40 000, la carte Anavasi qui détaille le parc byzantin de Tragéa, et la carte Terrain qui recense les sentiers balisés et leurs distances. On les trouve en librairie de voyage ou sur place à Chóra. Si vous préférez ne rien préparer, notre séjour Naxos et Amorgos en liberté vous remet un carnet de route détaillé et les traces des itinéraires, jour après jour. Vous n'avez plus qu'à marcher et à profiter.

Quelles sont les plus belles plages de Naxos ?

Toutes s'égrènent sur la côte ouest, au sud de Chóra, et se rejoignent presque sans interruption. Agios Prokopios et Plaka offrent le plus beau sable et une eau peu profonde, bordés de tavernes les pieds dans l'eau. Entre les deux, Agia Anna abrite une crique familiale ombragée de cèdres, parfaite pour les enfants. Plus au sud, Mikri Vigla séduit les amateurs de planche à voile, et Alyko cache ses dunes dorées au creux d'une rare forêt de cèdres. On s'y baigne encore avec bonheur en septembre, quand les grandes plages retrouvent leur calme.

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Passionnée de randonnée et fascinée par la Grèce, j’ai la chance de lier ma passion à mon métier. Mes études initiales (Master en Marketing et licence en LEA) m’ont appris à construire un projet éditorial, le reste… Lire la suite

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